Le solstice d’été marque officiellement le début de la saison chaude dans l’hémisphère Nord. Cette année, la date fatidique tombe le 20 juin. Les mots d’ordre deviennent alors soleil, vacances et détente. En guise d’introduction à l’atmosphère des mois les plus attendus de l’année, cinq petits paragraphes pour en savoir un peu plus sur ce jour particulier.

"D’après certaines théories, le célèbre cercle de pierres qui se trouve en Grande-Bretagne serait un vieil observatoire astronomique construit pour étudier et peut-être célébrer solstices et équinoxes. "

Et la lumière fut

Lors du solstice d’été, le Soleil atteint son point le plus haut par rapport à l’horizon, dans ce qui s’apparente à nos yeux à un mouvement et une course éternellement répétés à travers le ciel. Le mot vient du latin solstitium, union de sol, «Soleil», et de sistere, «s’arrêter», comme pour restituer l’image d’une lumière qui brille immobile au-dessus de nos têtes. Et, tout le monde ou presque le sait, ce phénomène donne naissance à la journée la plus longue et la plus lumineuse de l’année. Traditionnellement, c’est le 21 juin. Mais son avènement retarde de 6 heures chaque année et, histoire de remettre les pendules à l’heure, le solstice d’été est fixé le 20 juin tous les quatre ans, lors des années bissextiles… comme cette année.

Dans l’Antiquité

De nombreuses civilisations du passé, des anciens Grecs aux populations précolombiennes, célébraient le solstice d’été par des rites liés au culte du Soleil, dont l’ascension jusqu’au sommet des cieux était interprétée comme le début d’une nouvelle phase de la vie. On sait par exemple que les Romains dédiaient les fêtes solsticiales, celles d’été comme celles d’hiver, à Janus, le dieu des commencements et des fins, qui est représenté avec deux visages opposés, l’un tourné vers le passé, l’autre vers le futur. Les Celtes considéraient quant à eux qu’allumer un bûcher le premier jour de l’été contribuait à augmenter l’énergie du soleil. En Chine antique, le solstice d’été était l’occasion idéale pour rendre hommage à l’énergie Yang qui, selon la culture orientale, est l’une des deux énergies qui dominent le monde (avec le Yin). Le Yang est évidemment à son maximum pendant l’été. Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare renvoie aussi à ce moment de l’année, qui était considéré comme particulièrement magique à l’époque du grand dramaturge, un point de rencontre entre la réalité et le monde féérique.

Le solstice aujourd’hui

Des traces de vieilles cérémonies païennes sont parvenues jusqu’à nous. En Lettonie par exemple, le Līgo, la fête du solstice, se caractérise par des feux d’artifice, des danses et des baignades dans les lacs. La fête religieuse de la Saint-Jean, qui est notamment célébrée le 24 juin dans certaines régions d’Italie et d’Espagne, est en réalité l’héritage des cultes solsticiaux qui exaltaient le pouvoir du feu et de la lumière en allumant des feux de joie. Le rite s’est fondé dans la tradition chrétienne sans vraiment subir de modifications: sur une place, dans un champ ou à flanc de colline, un grand bûcher est embrasé à la tombée de la nuit et brûle jusqu’à l’aube. Et en Irlande, il faut savoir que l’été commence le 1er mai et finit le 1er août, suivant une vieille habitude d’origine celtique.

Stonehenge

D’après certaines théories, le célèbre cercle de pierres qui se trouve en Grande-Bretagne serait un vieil observatoire astronomique construit pour étudier et peut-être célébrer solstices et équinoxes. Le fait que les rayons du soleil levant convergent au solstice d’été sur un bloc de pierre placé au centre du site en serait la confirmation.

Pourquoi fait-il chaud?

Le solstice d’été marque le début de la période la plus chaude de l’année même si, par convention, l’été météorologique commence le 1er juin et s’achève le 31 août. Mais pourquoi fait-il si chaud? On pense souvent que les températures plus élevées sont dues à une plus grande proximité entre la Terre et le Soleil mais c’est faux. En réalité, le mois de juillet, au beau milieu de la saison estivale, est celui où l’on enregistre la plus grande distance entre les deux corps célestes. C’est en fait l’inclinaison de l’axe terrestre qui permet d’expliquer la montée de la colonne de mercure: pendant l’été, les rayons du Soleil frappent les régions qui se trouvent au nord de l’équateur de manière plus directe et plus longtemps. Dans l’hémisphère Sud, c’est l’inverse.

Credits photo: MONDADORI PORTFOLIO/ZUMAPRESS